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30 mai 2012

Pour le retour du collaborateur…

Il y a quelques années, engagés à CANAL+ vous deveniez des collaborateurs. Vous arriviez dans le saint des saints de la nouvelle TV moderne, mais comme collaborateur…

Les documents, la communication interne ou externe, l’expression des dirigeants de l’époque, chacun parlait du collaborateur…              Le collaborateur était roi, et il l’a bien rendu à son entreprise en fabriquant dans ce secteur de l'audiovisuel au tout début des années 1990-2000 un modèle économique et social novateur, un modèle de référence encore aujourd'hui jalousé.

Faites entrer le salarié...
L’arrivée de Bertrand Meheut en 2001 a balayé cette expression et fait entrer le salarié dans le groupe comme il a transformé cette entreprise en organisation classique avec pour objectif premier, une rentabilité effective de court terme, à l’époque nous devions atteindre 20% du chiffre d’affaire.

Dès lors, on ne parlait plus de la même façon aux salariés des programmes, des technologies, de contenus, de développement, de télévision... mais essentiellement de niveau de rentabilité, d’économies au sens premier du terme, d’efficacité…

On s’aperçoit aujourd’hui qu’il ne suffit pas de se fixer la rentabilité comme horizon intangible pour l'atteindre sans difficulté.

L'entreprise, c'est une alchimie subtile qui allie compétences, management, diversité, respect, valaurs partagées. 
Le futur de CANAL sera avant tout réussite collective ou ne sera pas. De plus, on ne peut faire appel au collectif dans les moments où l’entreprise est malmenée lorsqu’on la contraint ou malmène quand tout est calme...

Retour au collaborateur…
…comme les dénommaient André Rousselet, les collaborateurs de CANAL+ ont fait ses succès. Est-ce parce qu’ils étaient collaborateurs ? Cette question mérite d’être posée. C’est toute une conception du rapport à l’entreprise, de la relation hiérarchique, du respect du travail de chacun, de la reconnaissance de l’apport individuel ou collectif que porte selon nous ce terme.

Qu’est ce qui se cache derrière ce collaborateur  autrefois usité du plus haut niveau au plus bas niveau de l’entreprise…

Un peu d’étymologie...
Collaborateur provient du latin collaborare des mots latins cum (avec) et laborare (travailler), avec le suffixe – ateur, le collaborateur c’est celui ou celle qui travaille de concert  avec un ou plusieurs autres à une œuvre commune.

Et c’était bien le sens de l’entreprise inventée, construite par André Rousselet. Car il n’avait pas inventé seulement la TV du 21ème siècle mais aussi un modèle social où le simple employé était aussi reconnu et respecté que le cadre supérieur.

Cela se traduisait dans les modes de management mais aussi dans une redistribution plus équitable des bénéfices créés par chacun et par tous.

La part de la valeur ajoutée redistribuée n’était pas réservée à servir les seuls intérêts actionnariaux comme c’est le cas aujourd’hui.

Aujourd’hui, on ne parle plus de collaborateur de CANAL+ mais de salarié, avec la distance attachée à ce terme entre l’investissement individuel et la rentabilité de l’entreprise encadré par le contrat de travail. Le contrat, un point c’est tout, et c’est toute l’humanité, l’investissement individuel et collectif, qui sont balayés niés, dévoyant les relations du travail, générant une perte de sens qui atteint aujourd’hui des sommets, provoquant des dégâts irrémédiables, atteignant même à l’état mental de certains… des salariés ! 

Le salarié nous renvoi à son étymologie du latin salarium, solde militaire (argent pour acheter du sel), le suffixe at indiquant une qualité, une fonction. Le salariat est la condition du salarié, personne liée à une autre par un contrat de travail, une personne dont le travail est rémunéré…

De fait, la transformation économique et surtout organisationnelle de CANAL+ s’est accomplie en parallèle d’une remise en cause des concepts sociaux qui en avaient fait un modèle, un vaisseau amiral dans le début des années 1980 en France et à partir des années 90 en Europe.

Le collaborateur a créé CANAL+, il a fait ses succès qui perdurent encore aujourd’hui…
Notre prochain patron devrait rétablir le collaborateur  et nommer ainsi toutes celles et ceux qui participent aux succès de notre entreprise. Lorsque le contrat de travail régit seul les rapports du travail, il génère des dérives immédiatement perceptibles. Quand par exemple le "Je" l’emporte sur le "Nous", le court terme sur le projet collectif de moyen et long terme.

Car si les mots ont un sens, celui-là porte en lui l’histoire de CANAL+, un modèle fait de succès incontestables, le succès d’un homme André Rousselet, aristocrate, mais tellement proche de ses collaborateurs, attentifs et partageur, le succès d’une idée, le succès d’un contrat moral et social des femmes et des hommes envers leur entreprise !

Les collaborateurs  feront les futurs succès de CANAL+. Ils feront aussi le nouveau corps social du Groupe aujourd’hui éclaté, silotisé ou le salarié du service client ne connait plus son collègue du commercial et encore moins de l’éditorial, où le technicien ne sait plus que CANAL+ c’est aussi le premier Studio Européen de Cinéma, où le conseiller clientèle ne sait pas que CANAL+ est en expansion en Pologne…

Si les mots n’appartiennent à personne, et s’ils ont un sens, le Collaborateur est porteur d’avenir à CANAL+ ! Vive le collaborateur !

Contactez-nous en cliquant ici!


26 mai 2012

L'arlésienne de la prise en charge partielle des frais de transport

La politique d’économies drastiques déployée depuis le début de l'année n'en finit pas de produire des effets collatéraux étonnant.

Dernier exemple en date, la prise en charge de 50% des frais de transport, une disposition légale pour les salariés de toutes les entreprises Françaises.

Depuis début 2012, cette dispostion est remise en question.
Nombreux sont les salariés qui nous ont alerté sur la suppression de la prise en charge de 50% des frais de transports domicile-travail...

Surprise... et cacophonie…
"Zone 5, et moi alors qui habite en proche province, depuis toujours, c'est une remise en cause du contrat passé avec CANAL...! CANAL savait où j’habitais lorsque j’ai signé mon contrat de travail…"

Malgré la démonstration que nous faisons de l’interprétation des textes par CANAL+, les lettres dénonçant cet usage ont finalement été expédiées aux salariés "concernés".

Même si entretemps, certaines dispositions ont été assouplies. Ainsi, certains salariés se vont vu convoquer et signifier de ne pas tenir compte du courrier expédié…

Côté juridique, c’est pourtant clair…et les réponses de l'administration ou de l'URSAFF sont précises...

Côté URSAFF...
"... Tous les employeurs sont tenus de prendre en charge les titres d'abonnement aux transports publics de voyageurs et au service publics de location de vélos permettant à chacun de leurs salariés d'accomplir le trajet de leur résidence habituelle à leur lieu de travail... sans qu’il y ait lieu de s'attacher au critère de convenance personnelle..."

Sur le site service-public
La prise en charge partielle des frais de transports du salarié s'applique au salarié qui souscrit un abonnement pour ses déplacements entre sa résidence habituelle et son lieu de travail... 50% remboursé sur la base du tarif 2ème classe…

Pour tenter de trouver une nouvelle explication à cette décision, la Direction des Ressources Humaines nous a sorti son arme fatale : LE BENCHMARK!

Pensez donc, à TF1 ou M6 c’est comme ça aussi…
Si TF1 ou M6 ne respecte pas le cadre légal, c'est leur problème et celui de leurs représentants du personnel. Mais nous sommes à CANAL+ et la règle doit être respecté...

Nous accompagnons de nombreux salariés sur ce sujet!
Vous êtes concerné? Contactez-nous!

24 mai 2012

Bonne nouvelle, le poste de directeur des relations sociales va renaitre !

Petit retour sur une disparition incongrue et inexpliquée!
C'était il y a 2 mois, nous constations, par hasard... la disparition d'un certain nombre de postes des organigrammes.

La DRH n’était pas épargnée, et pour la première fois dans l’histoire de CANAL+,       le poste de Directeur des  Relations sociales disparaissait des radars...

Pfuittt… évaporé...
Nos élus et nos représentants syndicaux se sont inquiétés de cette nouvelle situation sans véritablement obtenir d’explication probante, plutôt des borborygmes… "… heu, ça vous manque ?...nous sommes là… le 7eme étage n’est jamais loin…"

Il est vrai que ce poste est une véritable arlésienne depuis 4 ans.           3 Directeurs, des mois d’un poste pourvus, un poste impossible comme nous le notions dans un précédent post…

Mais aujourd’hui, la lumière…
Répondant à l’une de nos questions, Bertrand Méheut, visiblement peu féru de lecture d'organigramme, a confirmé que ce poste serait pourvu. Il va donc réapparaitre sur les organigrammes.

Double avantage…
Outre la création d’un nouveau poste, en ces temps de disette, c’est honorable, nous devrions enfin... retrouver un interlocuteur disponible. Depuis des mois nous naviguons d’étages en étages, au gré du bon vouloir de tel ou tel responsable RH…

Ce n’est pas agréable, c’est surtout contreproductif et anormal!
Lorsque les partenaires sociaux ne disposent plus d’un interlocuteur dédié, c’est tout l’édifice qui s’en ressent. Déjà fragilisé par des années d’une politique sociale contraignante, la disparition de ce poste termine de cantonner les relations sociales à leur plus simple expression : circulez, on a autre chose à faire!

Mais voilà, notre président partage notre analyse, il considère lui aussi que c’est un poste indispensable!
Il sera donc pourvu!!
A vos CV !

Pour nous contacter, cliquez ici!

20 mai 2012

Boutique de Vélizy : 6 mois d’activités et déjà 3 victimes…

La première boutique de CANAL+ va bientôt fêter ses 6 mois d’existence… 

Drôle d’anniversaire...
...dans la tension parce que des objectifs commerciaux extrêmement ambitieux, mais aussi et surtout parce que 3 salariés de cette première boutique viennent d’être licenciés…

2 Cadres et 1 Employé victimes d’une sanction irréversible!
Un lourd tribut payé pour une erreur de commercialisation, certes, mais une sanction lourde pour ces salariés reconnus pour leurs compétences mises en oeuvre pendant plusieurs années au sein des centres de la relation clients de CANAL+


Une coïncidence ?
Plutôt le doute alors que la Direction des Services Clients et  les Centres de la Relation Clients en particulier vivent une vague de départs importants ces derniers mois. Citons pour exemple Kym Neyret ou Armelle Baudard qui ont claqué la porte il y a quelques mois, ou encore Bruno Mothion et Véronique Parisot, et tant d’autres femmes et hommes dévoués, reconnus pour leurs qualités professionnelles et humaines. Ces cadres de la boutique de Vélizy aujourd’hui remerciés, étaient de cette veine.

C’est d’ailleurs ces qualités qui furent repérées par les plus hautes instances de l'entreprise lorsqu’il fallut choisir puis affecter des salariés de CANAL sur la boutique de Vélizy.

Cette première boutique imposait un choix de qualité pour les encadrants, et le choix justement s’est orienté vers ces salariès là.

Mission accomplie!
Ils ont réalisé un travail d’importance dans des conditions difficiles pour que cette boutique ouvre ses portes dans les meilleures conditions.


6 mois plus tard, c’est la douche froide…
Et l’inquiétude de nombreux cadres qui percoivent pour eux-mêmes un risque à la lecture de cet enchainement rapides de décisions et finalement le licenciement de 3 salariés par le nouveau directeur commercial, fraichement nommé. Lorsqu’une erreur est commise, faut-il que toute la chaîne hiérarchique paie, et dans ce cas, jusqu’à quel niveau hiérarchique doit-on remonter ?

Une décision hâtive… une de plus…
Nous regrettons ces décisions abruptes, incomprises, anxiogènes pour l'ensemble des salariés.
Nous regrettons également de voir partir dans ces conditions malheureuses de nombreuses compétences appréciées et reconnues.  

Nous ne cessons de plaider pour une politique sociale plus sereine, respectueuse des salariés, plus équitable, plus responsable. Il est possible, nécessaire, indispensable, de revenir à des fondamentaux et des valeurs sociales où les femmes et les hommes seront à nouveau respectés, reconnus dans un environnement social et professionnel redevenu normal…


Et au-delà du social, la question toujours prégnantes de l’avenir de nos centres de relations clients, qu’ils soient internes ou externes, en France ou à l’étranger.

Une question essentielle pour sauvegarder en France des milliers d'emplois et un  modèle de relations clients de grande qualité. 

Les salariés licenciés ces derniers jours participaient à leur manière à l’excellence de cette relation client, ce fut là l’essentiel de leur activité professionnelle ces dernières années à CANAL+.

Nous leur souhaitons de retrouver rapidement un environnement professionnel plus serein, constructif, de confiance, de respect, d'élévation... Ils le méritent.


Vos réactions en cliquant ici!





13 mai 2012

Télétravail : le succès...!

Depuis un an exactement, les cadres de CANAL+ peuvent bénéficier du télétravail.

Depuis plusieurs années, nous revendiquions l’ouverture d’une négociation sur ce sujet. Mais il a fallu attendre l’automne 2009 et le risque d’une épidémie de grippe aviaire pour que notre direction accepte enfin de mettre ce sujet sur la table. L’hypothèse de cette épidémie avait  contraint les entreprises à imaginer des modèles de travail à distance.

A cette époque, rien n’était cadré juridiquement. Il fallait engager cette négociation afin d'encadrer très précisément ce premier projet de texte. Il n’était pas question d’ajouter l’insécurité juridique au risque sur la santé… Comment travailler à distance, avec quels outils et matériels, comment seraient pris en charge les risques liés à l’activité comme les accidents survenant à domicile, quels contrôles managérial à distance, qui serait concerné, pendant combien de temps…
Refus…
La direction avait alors refusé de négocier sur tous ces points… pas de bras, pas de...!

Chaque année nous sommes revenus à la charge et finalement, en 2011, le projet devint réalité.
Sous certaines conditions, nous sommes parvenus à la rédaction d’un accord expérimental pour une année. Après sa mise en œuvre, plusieurs dizaines de salariés, hommes et femmes confondus de tous les business du Groupe, ont profité de cet accord ces 12 derniers mois.

Finalement, un bilan très positif !
Côté salariés, quelques critiques mais surtout un accord plébiscité par tous. "J’ai gagné en productivité, je travaille bien mieux dans le calme, je peux me concentrer beaucoup plus facilement sur mes dossiers, je ne perds plus 4h dans les transports…" Côté managers, les retours sont aussi encourageants.

Limité à 1 jour par semaine, (1 et non 2 comme écrit par erreur hier) le salarié devant être présent au moins 4 jours dans l'entreprise, réservé à une certaine catégorie de salariés, pouvant être ouvert à d'autres salariés dans certains cas particuliers : maladie, handicap… le télétravail trouve enfin sa place dans la palette des outils intelligents mis à disposition des salariés de CANAL+ et de leur management.
Cet accord vient à expiration fin juin, c'était prévu ainsi. Dans les prochaines semaines, nous allons négocier pour le pérenniser.

Vous avez bénéficié du Télétravail en 2011 et 2012, vous êtes intéressés par ce sujet ? Questions techniques ou matérielles, organisation du travail, contraintes, liens à distance avec les services internes, dysfonctionnements informatiques...
Contactez-nous pour nous faire part de vos remarques et nous transmettre vos suggestions.

10 mai 2012

Insuffisance professionnelle et cross fertilization… du factuel et du créatif!

Des mots encore des mots, toujours des mots… comme le dit si bien la chanson.
Mais ces mots là traduisent avant tout une volonté d'accélérer l'évolution des organisations sociales et managériales en ce début d’année 2012. Un concept négatif contre un semblant d’idée positive et l’équilibre serait ainsi respecté…

Insuffisance professionnelle,  un concept devenu très tendance en ce moment. Il s’agit de repérer les faiblesses, et chacun en recèlent, pour les extirper, les mettre en jachère et au besoin les utiliser afin de justifier ici une mobilité là un départ… Car, en ce début d'année, le volume des départs et des licenciements atteint un  rythme de croisière digne de la Route du Rhum… De véritables exploits!

Que d’accompagnements…
Faut bien faire des économies, et puis préparer l’arrivée de nouveaux salariés, Direct 8, Direct Star, ou d’autres entités, tout en conservant un périmètre aussi réduit que possible… Dès lors, tout est bon pour procéder à des réductions d’effectifs. De très nombreux postes ne sont pas remplacés, ou disparaissent des organigrammes, comme le plus emblématique de ces dernières semaines, celui du Directeur des Affaires Sociales… pfutt… volatilisé…

Ce concept  d’insuffisance professionnelle devrait permettre de maintenir un rythme de départs acceptables. Sans nécessiter d’enquête approfondie, sans attendre l’erreur majeure, ce concept  permet de se séparer d’un salarié sans trop de risque juridique… et surtout, il peut concerner tout un chacun, n’importe quand!

Manquait le formidable vocabulaire anglo-saxon, cache sexe d’une politique sociale en mutation…
La cross fertilization, c’est l’idée qu’en envoyant un salarié dans un endroit qui lui est inconnu, à mille lieux de son business, parfois de son cœur de compétences, on va faire de lui un geek régénéré et génial. Il serait alors capable d’affronter et de relever des défis immenses, de surmonter les difficultés quotidiennes, le tout pour son bien et celui du business …

Le dictionnaire nous donne comme traduction brassage- fécondation- métissage…
Finalement des termes qui nous conviennent, lorsque nous dénonçons par exemple le conformisme du recrutement de CANAL+ depuis 4 ou 5 ans, lorsque nous revendiquons la diversité dans les organisations, parité bien sûr, ou diversité des formations, des âges, des origines…

Mais ici, à cette date, à CANAL+, ces  termes d’jeunes traduisent en fait une volonté éculée, celle de "mettre en mouvement" l’entreprise.  Et nos DRH sont ainsi transformées en "cross fertilizatrice…" Allez mesdames, repérez, proposez, accompagnez, au besoin, forcez un peu la main… Rappelez-vous nos objectifs, nos ambitions, faites-moi explosez le turnover, multipliez les mobilités, mettez en mouvement ce corps social inerte…

Il y avait une volonté, il y avait des outils, manquait des concepts simples et forts pour passer à la phase industrielle de ce projet managérial. Ce manque est en parti comblé. Mais croit-on sincèrement que le capital humain va ainsi être valorisé ? Croit-on que l’on va favoriser le business et la réussite individuelle ou collective ? Dans un cas, il sera trop tard et certains de nos concurrents se réjouiront en accueillant à bras ouverts ces compétences remerciées. Dans l’autre cas, ce sera souvent une mise en abîme parfois dangereuse et risquée, pour les personnes concernées et pour le business…

Pourquoi cette nécessité d’angliciser le vocabulaire RH ? Pourquoi ne pas revenir à des notions simples et compréhensibles de tous ? Pourquoi cacher les objectifs, refuser d’effectuer de véritables accompagnements professionnels, une gestion des carrières digne, transparente, et respectueuse ?

Vous aussi soyez créatif, inventez vos anglicismes et proposez les nous, nous les transmettrons ! Soyons geek, pour le meilleur ou pour le...  !

Contactez nous en cliquant sur ce lien!

04 mai 2012

CANAL+ : l'énigme sociale

L'heure des bilans semble se préciser pour un certain nombre de dirigeants du Groupe. Pour cette raison, il nous semble intéressant de soulever la question du choix et des orientations sociales soumises au Groupe depuis environ 7 ans!

Mais pourquoi donc avoir délaissé le terrain du social pendant ces dix dernières années, et plus particulièrement depuis 2005? C’est d’autant plus incompréhensible qu’une politique sociale novatrice et respectueuse est constitutive des succès individuels et collectifs, et c’est particulièrement vrai pour un groupe comme CANAL+.

Il faut toutefois distinguer 2 périodes depuis 2002!

2002-2006
C’est l’époque de la curée. Une entreprise qui passe de 5000 salariés à 2000, qui se sépare de toutes ses filiales étrangères, ou presque, qui externalise un nombre considérable d’activités notamment en informatique, qui vend son siège social du Quai André Citroën, et qui met en œuvre un plan social pour 400 salariés…

Pendant un an, dans cette période douloureuse et complexe, les partenaires sociaux accompagneront et construiront un modèle de dialogue social qui permettra d’éviter ou d’atténuer les drames personnels ou collectifs. L’ensemble de ce travail serra d’ailleurs reconnu par de grands experts comme une référence sur le plan juridique.

Pourquoi et comment a-t-on évité une dérive violente ou destructrice ?
Avant tout parce que le respect était à l’ordre du jour. Réciprocité des échanges, respect des partenaires, écoute,  nous avons travaillé dans la transparence pour essayer d’amortir au mieux le choc considérable que représentait cet accident industriel pour des centaines de salariés et leurs familles.

Malgré ces résultats, en 2006, le changement de politique devient radical !
Changement de responsable, de direction et donc d’orientations… c’est le bouleversement radical, dès lors, la machine sociale va se crisper, se gripper…

Mais après tout, il y a du bon à tout bouleverser? Si un patron recrute un nouveau DRH, c’est qu’il souhaite réorienter sa politique sociale… Pour le coup elle le fut, mais dans un sens que peu de managers, responsables ou salariés comprennent. Les questions sont souvent restées sans réponse… Circulez… tout va bien… le travail est fait !

Un choix réalisé sur la base d’un jugement irrationnel… ?
Car, selon certains dirigeants, il fallait "remettre cette entreprise au travail". Les salariés ne travaillaient pas assez, le niveau de productivité était trop bas, et puis il fallait clarifier les organisations, les alléger, casser les silos qui empêchaient alors l’entreprise de fonctionner de manière fluide.

Comment faire également dans cette entreprise jugée plutôt libertaire sinon que de mettre à sa tête un peu d’idéologie et de pratique modèle Margaret Thatcher…  afin de botter les fesses de ces malotrus pour qu’ils se mettent enfin à travailler…

Ce fut une première distorsion dans l’appréhension de l’environnement social de CANAL+…
Le CANAL+ flamboyant avait évidemment disparu, criblé de dettes, il fallait redresser le navire, mais c’était passer par perte et profit 16 années de créativité incroyable, de révolution apportées au PAF de l’époque dont on a du mal à imaginer la ringardise, et cette formidable réussite économique pensée et orchestrée de main de maître par André Rousselet coté gestion, Pierre Lescure côté programmes…

Le modèle social adopté en 2002 puis développé en 2006 est évidemment à l’opposé de celui construit et voulu par André Rousselet. Pierre Lescure le raconte d’ailleurs dans son dernier bouquin "In the baba" publié chez Grasset. Que dit il simplement sur ce sujet : "… le souci du salarié a contribué aux succès et à la créativité de CANAL+…"

Pour celles et ceux, et il en reste, qui étaient présents à l’époque, nous ne pouvons qu’approuver. Le modèle social de CANAL+ a largement contribué à sa réussite économique, à son rayonnement, à sa créativité. Et l’image extrêmement positive dont l’entreprise bénéficie encore aujourd’hui vient de là ! Ce n’est pas être passéiste que d’écrire cela, mais plutôt réaliste. Le bien être contribue aux succès économiques de l’entreprise… tiens donc ?!

Malheureusement, depuis 2006, ce système gagnant/gagnant est voué aux gémonies, détruit, attaqué sous couvert de quelques principes idéologiques surannés et dépassés…

Les exemples sont légions comme la contrainte envers les partenaires sociaux qui s’est accentuée un peu plus chaque année. Faut-il rappeler les pressions plus ou moins amicales, pire, les dérapages et les manipulations pour contraindre au silence… ou intimider…

Ce qui finalement fonde principalement cette politique, c’est l’attaque systématique des contrepouvoirs, quels qu’ils soient, syndicaux, managériaux…

Cette drôle de conception du dialogue social nous a conduit régulièrement dans l’impasse par exemple lors des négociations salariales de ces 3 dernières années, voire parfois devant les tribunaux!

Mais cette politique a eu également pour effet de faire exploser le mal être dans bon nombre de services, d’accentuer la pression pour faire partir des dizaines et des dizaines de salariés, perturbant un peu plus le fonctionnement des business…

Mais pourquoi donc laisser filer ainsi cette politique destructrice de valeurs humaines? C’est la grande énigme de ces 6 dernières années!

Le service des intérêts de l’actionnaire peut être en partie source d’explication. L’objectif de rentabilité de 20% qui ne sera jamais atteint mais toujours espéré a certainement contribué à l’émergence puis à la consolidation de cette politique. Plans d’économies, restructurations, corsetage de la masse salariale… tout est bon pour conserver des marges dans un contexte proche de la récession.      


Le social serait donc  accessoire?
Nous pensons que cette politique est néfaste et contreproductive pour l’entreprise tout autant qu’elle génère de l’insatisfaction, du mal être, des dysfonctionnements… Il est selon nous illusoire de construire un modèle social à minima et sous la contrainte…
  
D’autant qu’il n’a pas fait ses preuves car les business les plus productifs et les plus créatifs sont ceux qui ont été les moins bousculés alors que la désorganisation, l’incompréhension, la perte de sens a gagnée l’autre partie de l’entreprise.

Les silos se sont reconstitués, les coteries se sont à nouveaux reformées, le niveau de fatigue atteint des sommets et vire à l’inquiétude, l’environnement est gangréné par une lancinante désaffectation de très nombreux salariés tombés dans « l’aquabonisme..»

Cette politique de court terme obère le proche avenir. Elle constituera sans aucun doute un réel écueil pour les futurs dirigeants qui devront reconstruire un nouveau modèle plus respectueux des valeurs humaines fondamentales.


Evidemment une autre politique sociale est non seulement possible, mais souhaitable. Elle devra reposer sur quelques principes simples comme le respect des partenaires sociaux, le respect des lois sociales, un dialogue renouvelé, des organigrammes complétés… Alors nous aurons toutes les chances d’affronter avec détermination et bonheur les chantiers du présent et du futur, avec les salariés, pas à côté d’eux.

C’est l’un des chantiers majeurs de ces 3 ou 4 prochaines années. Redonner du sens, des objectifs atteignables et compréhensibles, construire des organisations stables et reconnues, casser à nouveau ces silos, recréer des passerelles inter-métiers… bref concevoir une politique sociale ambitieuse au service de l’entreprise et de ses salariés.

Le 4ème épisode de l’histoire sociale de CANAL+ pourrait être exemplaire!

Ce n’est pas nous qui en décideront !
En revanche, s’il venait à éclore, nous y prendrions notre part et notre place!


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22 avril 2012

22% !

Non, ce n’est pas le score final de Philippe Poutou ou de Nicolas Dupont-Aignan au 1er tour de la présidentielle, ou bien l’augmentation de l'abondement au plan épargne CANAL+, il stagne depuis des années à 500€. Ce n’est pas non plus la progression du nombre de licenciements depuis janvier, même si ce chiffre reste à vérifier, ce n’est pas plus la progression de l’audience de i>TELE, non, rien de tout cela, c’est tout simplement l’augmentation de la rémunération globale de Bertrand  Meheut pour l’année 2011. (source Satellifax du vendredi 20 avril)

22% et pendant ce temps.. les restrictions budgétaires et salariales succèdent aux restrictions. Citons pour exemple, la remise en cause du remboursement des frais de transport pour celles et ceux qui habitent au-delà de la zone 5 francilienne, des augmentations de salaires réduites cette année à la portion congrue, une incapacité à juguler définitivement les différences de rémunération entre les femmes et les hommes, un abondement pour le PEE sauvé in extremis, une mise sous contrainte comme jamais de la masse salariale, l’arrêt total de recrutement…

Lors des négociations salariales de fin d’année, notre syndicat avait proposé que les 10 plus hautes rémunérations du groupe renoncent à leurs augmentations. Nous savons ce qu’il en est advenu avec des négociations qui ont finalement capotées en décembre dernier. Plutôt que d’ouvrir un dialogue respectueux, la direction a décidé contre l’avis de tous, d’appliquer un taux très réduit de progression de la masse salariale pour 2012, refusant de discuter dans le même temps d’un ensemble de revendications collectives, revalorisation du ticket restaurant, des frais kilométriques, des primes diverses, des rémunérations d’astreintes, etc.

22% ! Cette progression est peut être calée sur la progression du résultat net de l’entreprise, il est vrai très important cette année malgré les aléas, 701M€ cette année, un chiffre jamais atteint par CANAL+, même dans les meilleures années…

Mais faut-il rappeler que ce résultat, c’est d’abord celui du travail des 4000 salariés du Groupe qui s’évertuent année après année, à faire tourner l’ensemble des business dans des conditions toujours plus difficile. Malgré le manque de moyens, l’absence de budgets d’investissement, une organisation déficiente notamment côté Distribution, l’entreprise a réalisé son meilleur résultat financier de toute son histoire.

http://bit.ly/IFYOaF
Lorsque les rémunérations de certains dirigeants atteignent des sommets, les cadres, les responsables des business sont étonnés de les voir progresser encore dans des proportions importantes alors qu’eux se débattent comme ils peuvent pour justifier auprès de leurs collaborateurs des restrictions budgétaires et des augmentations de salaires au rabais, bien éloignées du simple maintien du pouvoir d’achat! Ils ne sont pas les seuls, la réactions des actionnaires lors de l'Assemblée Générale de Vivendi fut de ce point de vue également révélatrice.

Sur ces sujets comme sur beaucoup d’autres, il nous semble que l’exemple devrait  venir du plus haut niveau hiérarchique! Les efforts demandés aux salariés devraient être équitablement répartis.

Pour notre président, si l’on additionne les rémunérations fixes, les actions attribuées et les accessoires de rémunération, nous atteignons pour 2011 un montant global de 2,913M€, soit une hausse 9,4% pour la totalité des éléments de rémunérations, avec une progression de 32% pour le variable et de 6% pour le fixe, sommes auxquelles il faut ajouter une retraite chapeau de 2M€ incluant l’indemnité conventionnelle (page 111 du rapport annuel 2011 Vivendi)!

Il est vrai que nous sommes encore loin des 10M€ engrangés en 2011 par Lucien Grange, le patron américain d’Universal Music Group et de ses 700000€ d’avantages en nature…
http://bit.ly/HTJJ2W
Plus étonnant, Franck Esser, l’ex patron de SFR, a vu sa rémunération stagner alors qu’il contribue pour plus de 38% au résultat du groupe vivendi, que le chiffre d’affaire de SFR est de 12 milliards quand celui de CANAL est de 4,9 milliards, que le groupe SFR emploi plus de 10 000 salariés… benchmark… encore et toujours, mais pas pour tous et pas sur les mêmes registres…
Remercié sans ménagement, il a pourtant fait de SFR le 2ème opérateur mobile de France, tout en respectant un dialogue social de qualité avec l'ensemble des partenaires sociaux... C'est donc possible!

Dans l’exposé de ces chiffres, faut-il y voir également une prochaine évolution du management du groupe et donc un pari financier pour le proche avenir...?

Ce que nous constatons, c’est un décalage grandissant dans l’application de la politique de rémunération. Les écarts deviennent colossaux et nous sommes loin, très loin, des recommandations d’Henri Ford qui considérait, au début du siècle dernier, qu’un rapport de 1 à 20 entre les plus hautes et les plus basses rémunérations devait être une règle de saine gestion…  et pourtant ce fabuleux Henri était tous sauf un vulgaire gauchiste!

Il est possible de récompenser les salariés de leur investissement, possible et indispensable, sans remettre en cause un quelconque équilibre financier. C’est toute la politique salariale qu’il nous faut revisiter. Cette politique qui doit être au service de l'engagement de milliers de salariés qui croient encore en l'avenir. Que notre Direction nous prouve qu'elle croit aussi en eux en les récompensant et en les respectant !


L’arrêt des discours lénifiants sur le niveau de rémunérations des salariés de CANAL+ qui seraient bien au-dessus du marché, ce que ne démontre aucune étude sérieuse, est également un préalable. Culpabiliser ne sert à rien. Ces méthodes contribuent en revanche au désengagement de tout un chacun, CDI, Intermittents, CDD, stagiaires...

Une autre politique sociale est non seulement possible mais indispensable. Vite, le changement! Dans le cadre d'un dialogue rénové, respectueux, ouvert. Pour construire la 4ème histoire sociale de CANAL+, avec ses collaborateurs et pas à côté d'eux!

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19 avril 2012

DH et le fraisier de la discorde…

Le grand bazar de la Distribution : épisode sucré de la semaine écoulée…

Comment satisfaire plus d’un responsable éditorial et mieux encore un responsable marketing en mal d’affichage?

Grâce à 1 ou plutôt 2 bonnes nouvelles de la semaine passée, le Golf sur CANAL et la diffusion de la série desperate housewives, la Der des Der, la huitième saison sur nos antennes…

Ça valait bien un gâteau… aux fraises!
Pour fêter cette bonne nouvelle dans cet océan de désillusions et de doutes que nous vivons depuis plusieurs mois, une bonne lampée de crème devait permettre de ressouder des équipes malmenées et désorientées.

C’est ce que Maxime Saada a dû penser en offrant aux salariés du marketing une magnifique tranche de pâtisserie…

Dans cette période de vache maigre, où le moindre Euro est pisté, et alors que la remise en cause de quelques microscopiques avantages sociaux acquis constitue le quotidien de salariés qui se demandent quand tout cela va enfin s’arrêter, et bien du côté marketing on bamboche… et on a bien raison!

Car après tout, cette superbe brochette de nanas à la quarantaine branchée a de quoi ravir ou faire rêver jusqu’au plus hauts étages de la maison… et vaut mieux les admirer sur CANAL!

Oui mais voilà, le gâteau, c’est bien, mais tout le monde n’aime pas… faut pas gâcher!
Alors, quand le lendemain il reste quelques miettes, on les descend d’un étage et on les partage… au commercial… trop sympa, merci…! Mais, pourquoi pas le même jour, pourquoi sans explication, sans message... ? " Ben vous n’allez pas nous faire une salade d’un gâteau aux fraises… qui plus est de la meilleure facture et qui fut apprécié par beaucoup..."


Ok, ok…
Mais ce petit psychodrame résume l’ambiance de tout un secteur, la Distribution. Le marketing oui, le commercial non, semble-t-on nous faire comprendre à longueurs de décisions incohérentes et inexpliquées. Désillusions, inquiétudes, perte de sens… au secours McKinsey …

Car aujourd’hui, on semble jouer les anciens réseaux contre les nouveaux, le physique contre l’immatériel, l’immaturité contre l’expérience, et il faudrait accepter l’air du temps celui du court terme et de la vision déformée d’un horizon que personne ne semble plus maîtriser… ou comprendre!

Cette glissade vers l'insondable continue de faire des victimes…
Certains cadres de la Distribution n’auront pas eu le loisir de s’en payer une tranche. Abattus, stressés, déboussolés, ils sont un certain nombre à s’éloigner, volontairement ou par la contrainte, de cet environnement devenu irrationnel pour tenter de retrouver un équilibre fragilisé par des mois de turpitudes managériales et opérationnelles.

Les reverrons-nous?
Pour certaines de ces personnes, nombreux sont ceux qui l’espèrent, car il y a chez ces salariés-là, justement de la probité, de l’intelligence, du courage, des denrées rares et malmenées en ces temps troublés.

D'autres changements sont également attendus ces jours prochains côté DRH distribution, le CDD portant en lui même ses propres limites de durée légale. Qui pour prendre ... ou reprendre le poste...? Une nouvelle incertitude, une de plus! 

Dans cet univers impitoyable, nous proposons un retour à plus de sérénité!
Tiens, un p'tit séminaire de campagne pour mieux partager, ensemble, non seulement les mauvaises nouvelles, mais aussi les fruits de la croissance, les réussites, les succès, qu’ils soient de fraises ou de bulles… pour que chacun retrouve un sourire qui ne soit plus de façade, pour que l’on partage et surtout pour comprendre une stratégie de long terme, une organisation pérenne, des choix inexpliqués!

Alors, allez... encore une p’tite lampée…?

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